| concours

27.03.2006

 

 

 

 

Scène de Vie, histoire simple...

 

...

 

- C’est ici...

Elle montrait du doigt, un petit immeuble coquet.

Sur la devanture, des parterres semés de fleurs blanches et bleues délimitaient un jardinet merveilleusement entretenu.

Il dirigea la voiture vers le petit square de l’autre côté de la rue, et s’arrêta devant un banc de bois qu’un rayon de lune, filtré par les branches d’un saule tortueux, éclairait faiblement.

 - Voilà... dit-il en coupant le contact.

Elle le regarda, et se pencha lentement vers lui...

Ses yeux brillaient d’une incroyable flamme.

 - Café ?

 - Noir et fort !

 - Fort ?

   Vraiment ?

   A cette heure-ci ?

 - Ça me fera du bien ! ...

   J’ai besoin de me remettre les idées en place...

   Depuis la minute où je vous ai vue, je ...

Il ne put finir sa phrase.

 - C’est gentil ça !

Elle composa son code, il poussa la porte de fer forgé.

Il ne put retenir un sifflement d’admiration.

Le hall devait faire cinq à six mètres de haut.

Il était tapissé de marbre rose et vert clair.

Un lanterneau de cuivre rouge, semblant naître au cœur d’une rosace ouvragée, pendait au centre du plafond, et descendait à mi hauteur.

A l’aplomb, pour donner l’illusion que la lumière explosait en tout sens, un artiste de génie avait eu l’idée d’incruster dans le sol de petits éclats de pierre, et les avait recouverts d’or en feuille.

Dans le fond, de part et d’autre de la cage d’ascenseur ajourée, de magnifiques escaliers s’élevaient vers deux fenêtres grandes ouvertes, peintes en trompe-l’œil sur le mur.

Magique !

Ils arrivèrent au deuxième sans avoir échangé un mot.

Lore agita sa clef sous le nez de Ronan...

 - Allons-y...

   Noir et fort ?

 - Noir et fort !

 

L’appartement semblait fait pour celle qui y vivait...

Divin ! Autant que cette soirée qui s’achevait.

La petite cuillère s’agita bientôt dans la tasse, et le sucre fondit comme les cœurs ...

Le tête-à-tête (on ne peut pas parler ici de conversation) fut fait de silences, de longues respirations, de toussotements, et de regards à la dérobade.

 - ...

 - Hum ...

 - Vous dites ?

 - ... On se dit « tu » ?

 - ... Tu dis ?

 - ... Rien ...

 - Votr... Pardon... "Ton" café est délicieux ...

 - ... Merci ...

Elle aurait dû profiter de l’occasion pour lâcher une banalité du genre : « C’est le l’arabica ...»

Ou que sais-je moi ?

Parler de sa nouvelle machine, celle qui fait une mousse si onctueuse ...

Mais non ! Rien !

 - ...  Hm ! ... C’est joli chez toi !

   Ça marche l’immobilier ?

 - Et le basket ?

Premier éclat de rire.

Détente...

 - Je me sens drôlement bien ici ...

 - ... Rsssttepeleur ...

 - Pardon ?

 - ... Reste un peu alors ...

 

Quand leurs lèvres se séparèrent enfin, elle fit un lapsus.

Avec le même ton qu’elle avait dit « Café ?», elle balbutia ... « Croissants ? ».

 

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